10 Salta
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Photo : la puna, ou steppe d'altitude
Changement de personnes, changement de région. Pierre, Vincent et Fred sont partis dans une ambiance de chaos aéroportuaire, Manu est arrivé, un nouveau chapitre de blog commence.
Cap sur Salta, porte du Nord-Ouest andin, vieille ville coloniale qui fut au coeur des guerres d'indépendance du XIXe siècle. Chaque place porte un nom de général, avec statue équestre et plaques en bronze. La région est une destination assez populaire de tourisme intérieur argentin, après la Patagonie quand même.
Le lendemain de notre arrivée, une excursion nous emmène sur les hauts plateaux, on passe à plus de 4000 mètres. Les horizons sont dégagés (cf photo), mais l'altitude fait sentir ses effets. Nos guides ont heureusement une abondante provision de feuilles de coca, et tout le monde se met à mâcher en coeur – ça aide contre le mal des montagnes, dit-on. Je trouve que c'est surtout diurétique, et ça a un goût de thé vert assez prononcé.
--
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
En haut un gros cumulus approche ; par terre c'est du sel à 14 pesos la tonne – il y a des gens qui travaillent ici.
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Notre étape du soir se nomme Purmamarca : 3 000 habitants, 30 000 touristes, la plupart des jeunes en sac à dos*. Il paraît qu'il y a des concerts.
Déjà bien chargés à la coca, nous débarquons au milieu d'une foule en dreadlocks et aux pupilles dilatées. Tous ces jeunes consomment avec un égal enthousiasme les produits locaux et d'autres importés (Afghanistan, Maroc). Ils sont gentils, et aussi très partageurs ; en fin de soirée nous arrivons enfin à ouvrir les portes de la perception. On ne peut pas vous dire ce qu'il y a derrière, on a promis.
Le lendemain, le plus compliqué est de récupérer nos affaires, qui sont éparpillées sur toute la surface de la commune, le tout vêtus respectivement d'un tonneau et d'une bouée-canard rose.
Plus tard, quand on aura un peu récupéré, on m'expliquera que tout a commencé avec une chanson, Flor de Tilcara, du groupe Los Intoxicados (Tilcara c'est l'étape suivante). La chanson a eu du succès, et depuis les mochileros d'Argentine vont en pèlerinage dans la vallée en question, qui est aussi une route d'accès à la Bolivie et au Pérou.
* Ici ils disent mochileros, c'est pratique l'espagnol
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Malgré tout, la balade se poursuit...
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Photo : The unbelievable Supermanu
On revient à Salta alors que les nuages s'accumulent dans le ciel, annonçant une copieuse saison des pluies. Prochaine étape : Cafayate, que l'on accède par une vallée magnifique, et qui est renommé pour ses caves.
Avant de prendre la route, je demande naïvement au gars de chez Hertz quelle est la règle dans le coin, quand 2 voitures se croisent sur un chemin de montagne et qu'il n'y a pas beaucoup de place. Est-ce celui qui descend ou qui monte qui a la priorité ?
Il rigole.
« Ca dépend de la taille de la voiture ! Ici, c'est la loi de la jungle, mec. Avec ton 4*4, si tu vois un bus, tu te gares ou tu recules; par contre si c'est une twingo, tu passes. On est en Argentine... »
OK, c'est noté. C'est un coup de pot qu'on n'ait pas loué une twingo.
Sur la route, nous acquérons des superpouvoirs qui nous seront bien pratiques pour faire face aux périls du voyage (cf photo)
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Photo : passage par les vignes
L'arrivée sur Cafayate, avec en arrière plan les montagnes surmontées d'épais nuages noirs, évoque l'approche du Mordor au moment de la Guerre de l'Anneau. Mais la réalité est bien plus riante : Cafayate c'est une petite ville à la coule, où les gens sont agréables, et où on peut goûter plein de vins. Ils font même des glaces avec ! On en a testé, c'est pas si mal – celle au vin blanc en tout cas.
Pour ne pas avoir à négocier, on joue à chaque fois à pile ou face pour savoir qui prend le volant. Au bout de 2 jours, Manu, qui en a marre de perdre, se met à boire pour ne plus avoir à conduire. La manoeuvre n'est pas très élégante, mais ça marche.
De mon côté, j'envisage de publier un livre : « Les secrets de mon incroyable réussite à pile ou face », sous-titré « Une solution simple aux problèmes de la vie moderne, ou comment j'ai dégoûté Manu ». Avec mon palmarès, je devrais être crédible. Non ?
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Photo : ici vivaient autrefois 4000 personnes, 1000 d'entre elles sont arrivées à Buenos Aires.
A quelques dizaines de kilomètres de Cafayate, il y a les ruines de Quilmès, une vieille ville précolombienne habitée par le peuple du même nom. Malgré (ou à cause de) leur résistance opiniâtre, ils ont été déportés à Buenos Aires par les espagnols, dans un quartier qui porte encore leur nom. C'est d'ailleurs dans ce quartier que l'on brasse la principale bière d'Argentine, qui s'appelle donc... Quilmès. Il est facile de se perdre dans toute cette confusion.
On excusera donc volontiers notre enthousiasme, puis notre déception en constatant qu'il n'y avait pas le moindre fût ni la moindre petite chope dans les ruines.
Par contre l'accès du site était temporairement contrôlé par des représentants des populations locales, qui réclament une part des revenus de l'exploitation touristique de la ville de leurs ancêtres/cousins. Ils faisaient visiter le site eux-mêmes, et on n'a pas pu s'empêcher de trouver que leur version de l'histoire ne semblait pas toujours objective. Ici, le passé est encore très présent.
Posté le 04.02.2008 par doorintosummer
Photo : En suivant la route de l'Inca, on traverse la désolation des cactus
Après Cafayate, nous faisons encore une excursion à Cachi, mais le temps commence à se gâter, au retour on ne voit même pas le fond de la vallée, perdu dans le brouillard qui est en fait un nuage de pluie... Ca n'a pas l'air d'inquiéter le chauffeur du mini-bus, qui enchaîne avec entrain les traversées de rivière, les virages sans visibilité et les croisements de camions.