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Nom du blog :
doorintosummer
Description du blog :
Actualités latines & australes
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
18.10.2007
Dernière mise à jour :
21.04.2008
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Atterrissage

Posté le 02.12.2007 par doorintosummer
Enfin en Argentine ! Le pays où René Goscinny a grandi ! A l'ombre de ces gauchos, des décennies d'humour vous contemplent...

Arrivée en bas de l'immeuble : Le taxi me souhaite bonne chance et me laisse seul avec mes sacs devant une porte fermée, et personne qui répond. Ce moment a une saveur particulière, « et si je dormais dans la rue ce soir ? » Finalement le concierge revient de faire les courses et sauve l'affaire. Je peux enfin profiter de mon appartement au luxe obscène - merci à Muriel et à Jérémie pour les contacts !

Je passe sur les généralités culturelles, historiques et climatiques, pour me concentrer sur l'essentiel : les anecdotes.

Comme le Mexique a la coccinelle, comme la Turquie a la R12 « Taurus », l'Argentine a la 504. J'en ai vu plus en 3 jours ici qu'en 10 ans à Paris, et elles roulent !

Pour le moment, difficile d'identifier les gens à leur look. Plusieurs fois je croise des jeunes blonds en dreadlocks et pantacourts, je me dis « Ceux-là ils sont gringos, c'est sûr », et ensuite je les entends discuter en espagnol. On n'est pas au Mexique ici.

Léger affleurement italien : à la place de l'omniprésent « hasta luego » ibérique, ici on dit souvent « tchao ». Bon ok, en France aussi, mais quand même.

Vu à la télé : inauguration d'un monument au Tango. L'Argentine est fière d'être le premier pays du monde à élever un monument à une danse. Je crois que le jour où la France fera un monument à la valse-musette, je m'exilerai pour de bon.
J'ai aussi vu un reportage sur les ports à conteneurs, qui complète agréablement mon voyage.

Petit passage dans une boutique où l'on vend des couteaux dans des étuis en cuir. Ici, pas de dérapage Rambo, pas de monstruosités en acier noirci, crantées, avec une boussole et du curare dans le manche. Par contre, avec le couteau, il y a souvent une fourchette ! Cette approche plus « steak » me plait bien.

Balade place Dorrego dimanche après-midi (dans le quartier historico-touristico-bohème de San Telmo, pas loin de chez moi) : à côté de la foire d'antiquités, on donne un spectacle de tango plutôt chouette, entrecoupé de séquences pédagogiques. Le danseur-bateleur fait même un petit speech politique en milieu de spectacle, car en ce moment ça chauffe avec l'Uruguay, un problème de papeterie polluante.
J'aperçois Willem Dafoe dans le public. Saisi de la fièvre du paparazzi (zzo ?), je prends furtivement une photo, niark niark ! Trop furtivement en fait, je me rends compte après coup qu'elle est floue.




--

Dansons

Posté le 02.12.2007 par doorintosummer
(image : vue de ma fenêtre)

28 novembre

Hier soir, c'était mon premier cours de tango : je m'attendais à une leçon d'humilité, je n'ai pas été déçu. Moment intéressant, l'abrazo. Il est connu que les danseurs de tango se tiennent très près l'un de l'autre, je ne réalisais pas à quel point : le torse de l'homme appuie sur celui de la femme pour communiquer la direction.
La prof me fait, hilare :
« Alors, tu sens la pression ? »
Je vois bien qu'elle ne parle pas du tout au sens figuré.


Mettez un Tigre dans votre week-end

Posté le 02.12.2007 par doorintosummer
30 novembre

Pour me faire la main, je pars en balade à la petite ville de Tigre, au bord du delta du Parana, grand classique de week-end des porteños*.
C'est très coquet, avec promenades le long des rives, vieux clubs d'aviron, maisons de riches, un mélange de rétro belle époque et de parc d'attraction. La balade en bateau dans les îles du delta est la partie la plus intéressante. Il y a des gens qui vivent sur les petites îles, en général ce sont leurs résidences secondaires. Pour répondre à leurs besoins on trouve des bateaux supermarchés, stations service, grue, etc. (cf photo)
La visite prend un tour inattendu quand le guide se met à détailler les prix des maisons que nous voyons passer, comme si chaque touriste était un acheteur potentiel – mais c'est peut-être le cas ? J'observe mes voisins avec suspicion.
En revenant au quai, machinalement je cherche les grues géantes et les piles de conteneurs.

Dans le train de retour, en face de moi s'assied un type qui porte un t-shirt « Argentina – Islas Malvinas », avec une énorme carte des Malouines en-dessous. Tous les noms de lieux y sont en espagnol, bien sûr. Dommage que je n'aie pas pris mon t-shirt avec un Union Jack, j'aurais fait un tabac dans les transports en commun !

* porteños : habitants de Buenos Ares



Quiz et anecdote

Posté le 02.12.2007 par doorintosummer
La photo ci-dessus est une dédicace à tous les gens dont le prénom commence par "Emmanuel". Une erreur s'est glissée dans les affiches de ce video club, trouvez laquelle...


1er décembre

Il y a un défilé de groupes de percussions dans les rues de San Telmo. Je demande à un gars près de moi ce que c'est, il m'explique que ça date de l'époque des esclaves noirs et que c'est revenu à la mode il y a quelques années, mais normalement c'est plutôt pour carnaval. Il est assez causant, j'apprends qu'il bosse en Patagonie où il s'emmerde, et que ça fait un an et demi qu'il n'était pas revenu à Buenos Aires.
La dessus un pote à lui arrive, retrouvailles. Ils m'emmènent boire un pot, ensuite on se balade dans Puerto Madero, on dîne en terrasse avec un autre copain à eux, et avant de se séparer on échange des numéros de téléphone. C'est drôle où peut amener une toute petite question, parfois.

L'aventure intérieure

Posté le 08.12.2007 par doorintosummer
Ou comment se griller dans son immeuble pour pas cher

Lundi vers midi il fait moche et très venteux, mais c'est plutôt bienvenu après un week-end torride, j'en profit donc pour faire de grands courants d'air dans l'appartement. Quand j'ouvre les fenêtres de ma chambre, j'entends un bruit derrière moi, puis un claquement très violent. Il faut savoir que dans la pièce où je dors, la porte est mal ajustée au chambranle, on ne peut pas la fermer complètement...
Ah tiens, si, on peut.
D'ailleurs elle ne s'ouvre plus. Tous les téléphones sont dans les autres pièces, l'internet aussi. Reste la fenêtre. Euh, j'aurais pas l'air con, là ?

J'ai ainsi appris que
- C'est inutile de tirer comme une mule en posant les pieds sur le mur, la poignée cédera avant la porte.
- Interpeller les gens depuis le 5e étage, dans un espagnol inquiet, suscite une certaine méfiance.
- Silvio (le gardien, mon sauveur), qui a les clefs de chez moi, est souvent absent entre 12h et 15h.
- La poignée de la porte ne fonctionne de toute façon que de l'extérieur.

A bientôt pour de nouvelles aventures...

Bons plans

Posté le 09.12.2007 par doorintosummer
Cette semaine je n'ai pas pris beaucoup de photos, alors voilà des grues, c'est bien aussi.

L'aventure du quotidien se poursuit.

Le providentiel Silvio est une source d'information précieuse sur le quartier. Récemment il m'a affranchi sur les supérettes bon marché tenues par des chinois, qu'on trouve à tous les coins de rues et qui sont fort pratiques.
Il m'a d'abord averti : il vaut mieux ne pas acheter de produits frais chez eux, car pour faire des économies, ils coupent les frigos la nuit. J'ai senti mon estomac se serrer sur les yaourts de midi.
Il m'a aussi expliqué leur business model, pas trop sophistiqué : acheter et vendre pas cher en rognant sur tous les coûts. D'après mon consultant, inutile d'espérer être entendu si les produits laitiers étaient tout verts, le commerçant fera mine de ne pas parler espagnol. Pour appuyer son propos, Silvio me passe au rétroprojecteur quelques diagrammes très éloquents sur le besoin en fonds de roulement à 5 ans et la marge brute d'autofinancement.

Bon, je vais acheter mes fruits et légumes chez carrouf alors. Je suis donc en train de payer mon obole à la grande distribution hégémonique française, quand je me surprends à battre la mesure du pied... mais... pourtant on est dans un supermarché ? Oui mais au carrefour de la rue Rivadavia, on passe du rock en langue espagnole, en continu.
Après vérification avec des amis argentins, ça a l'air d'être un cas exceptionnel.

Trésors du nouveau monde

Posté le 17.12.2007 par doorintosummer
J'ai longtemps erré dans l'ignorance, mais maintenant je sais : ce qu'il me faut, c'est du Dulce de Leche, ce qu'on appelle en Gaule confiture de lait.

L'expérience montre que si l'on en met un pot et une cuiller devant un sujet non préparé, il se produit ce que les chercheurs ont appelé dans les années 80 « l'effet nutella » : consommation du produit pur, de manière rapide et compulsive, jusqu'à épuisement des quantités disponibles. La sensation d'euphorie est suivie d'une brève satiété, puis d'un état dépressif à tendance paranoïaque. Le sujet a besoin de consommer à nouveau pour dissiper temporairement les effets du manque.

A son crédit, le Dulce de Leche est diététique : vu qu'il est composé presque entièrement de sucres, on peut marquer « 0% de matières grasses » sans mentir. Autre avantage, le Dulce de Leche est indétectable par les tests anti-dopage classiques, comme l'a prouvé récemment l'équipe d'Argentine de rugby.
Les argentins, qui connaissent un gros problème de dépendance, le consomment sous des formes variées : en pot (à tartiner... ou pas), dans des pâtisseries comme les alfajores, dans les chocolats, les yaourts... Quand le moment sera venu, en cherchant dans les pharmacies je devrais trouver des perfusions.

Mais il ne faut pas réduire ce nectar à la toxicomanie qu'il entraîne. C'est avant tout le produit d'une culture, l'ancre identitaire d'un peuple fier et gastronome.

Dès l'époque précolombienne, le Dulce de Leche était au centre de cérémonies élaborées, mettant en scène le rapport entre le souverain et son peuple, le passage des saisons et les récoltes. Chaque année, le roi indigène paraissait devant ses sujets, le corps entièrement enduit de la précieuse pâte, pour symboliser la promesse d'abondance et de fécondité. Les rites d'ingestion qui suivaient sont décrits sur des céramiques très imagées (les ouvrages du Pr Wildschweinbürste font autorité sur le sujet). Nombreux furent les conquistadores qui se perdirent à la recherche de la cité mythique où le Dulce de Leche remplaçait à la fois l'eau et le pain : l'Eldulçado !
On dit que l'empereur inca Atahualpa paya sa rançon à Pizarro en remplissant une pièce de son palais jusqu'au plafond avec du Dulce de Leche. Malheureusement pour lui, cela ne suffit pas à satisfaire l'appétit dévorant de l'espagnol.
Auourd'hui on s'en sert pour les combats de catch : autres temps, autres moeurs.

Vous ai-je dit que ça avait bon goût ?

Allez, je vous quitte, c'est l'heure de ma dose.



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