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Nom du blog :
doorintosummer
Description du blog :
Actualités latines & australes
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
18.10.2007
Dernière mise à jour :
21.04.2008
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Je les ai vues : elles sont parmi nous !

Posté le 17.12.2007 par doorintosummer
Je me souvenais vaguement que les baleines franches étaient visibles jusqu'en décembre. Le 12, je relis mon guide, en fait la saison finit à mi-décembre. Quelques coups de fil achèvent de me convaincre qu'on est dans les arrêts de jeu : les avions sont pleins et les baleines peuvent partir à tout moment.
Ce serait quand même dommage de rater ça ! Je passe en mode carte bleue, le taux de change amortira les dérapages. Je me pointe dans une agence de voyages tel le faisand prêt à se faire plumer, et le vendeur saisit vite l'état d'esprit. Il m'assaisonne à la régulière, finalement rien d'excessif en euros, et j'ai un voyage avec une sortie en mer le 15, l'avant-dernier jour de la saison.
A l'arrivée à Puerto Madryn, après une escale imprévue pour cause de météo, la température est tombée de 27 à 14°C et le vent souffle. C'est la porte d'entrée de la fameuse péninsule Valdés, là où tout un tas d'animaux marins viennent se reproduire – une sorte de grand love hotel. Renaud a dit là-dessus des mots immortels dans « C'est pas l'homme qui prend la mer ... ».

Je recommande la visite de l'Ecocentro, où il y a plein d'infos sur les cétacés, l'océan, etc, agréablement présentées. L'ambiance très « Sauvez les baleines », tendance WWF, réveille le militant écolo qui sommeille en chacun de nous. Puerto Madryn est une ville calme et agréable, assez reposante comparée à Buenos Aires. Ils vendent pas mal de pâtisseries, j'achète des alfajores (plus sur ce sujet bientôt).
Le jour suivant, tout se passe en souplesse - j'adore quand un plan se déroule sans accroc. Il y a des baleines, une maman et son petit, qui font ce que font les baleines quand elles sont en famille : un petit pschittt avec l'évent, un coup de nageoire par-ci par-là, mais pas de figures ni de loopings avec des patins à roulettes. Ce sont les dernières de la saison, il y a plus de bateaux de touristes sur l'eau que de cétacés dedans. Dans certains pays les bateaux ne vont plus si près des baleines de peur de les déranger, je me demande si ce que nous faisons est bien correct, mais nos sujets d'observation n'ont pas l'air stressés, et ça m'aurait fait mal de rater ça.
On passe le reste de la journée à parcourir la péninsule pour regarder les éléphants de mer, les lions de mer, les pingouins de mer, les girafes de mer, les fruits de mer, les poulets-frites de mer. Il y a aussi des guanacos (petits lamas orangés) et un tatou qui se baladait sur le parking. Sauvez les tatous !
J'ai juste un léger regret, l'absence d'orques (et d'orcs aussi, mais c'est un autre problème). En regardant les plages jonchées de phoques endormis, on ne peut s'empêcher d'espérer qu'un prédateur vienne les secouer un peu. Il y a des images très connues d'orques qui viennent se jeter sur le bord de la plage pour attraper des phoques, et qui se tortillent pour revenir à la mer, c'est spectaculaire mais assez rare.

Je fais le retour en bus – hé oui, les avions étaient vraiment pleins. Au bout de 15h, un constat s'impose : la pampa, c'est plat.

Pour ceux que ça intéresse, l'adresse des vidéos de baleines :

http://fr.youtube.com/watch?v=sDZhJtOn2rQ

http://fr.youtube.com/watch?v=BrW-PGR5WEs




--

Encore

Posté le 17.12.2007 par doorintosummer
Le petit baleineau

Lions de mer

Posté le 17.12.2007 par doorintosummer
Pendant ce temps, sur un rocher non loin de là...
Les mâles ont une crinière et un port de tête particulièrement hautain.
Les lions de mer sont une variété d'otaries, alors que les éléphants de mer sont des phoques. On les reconnaît facilement à leur démarche chaloupée - les phoques, eux, se traînent lamentablement.

Trésors du nouveau monde

Posté le 17.12.2007 par doorintosummer
J'ai longtemps erré dans l'ignorance, mais maintenant je sais : ce qu'il me faut, c'est du Dulce de Leche, ce qu'on appelle en Gaule confiture de lait.

L'expérience montre que si l'on en met un pot et une cuiller devant un sujet non préparé, il se produit ce que les chercheurs ont appelé dans les années 80 « l'effet nutella » : consommation du produit pur, de manière rapide et compulsive, jusqu'à épuisement des quantités disponibles. La sensation d'euphorie est suivie d'une brève satiété, puis d'un état dépressif à tendance paranoïaque. Le sujet a besoin de consommer à nouveau pour dissiper temporairement les effets du manque.

A son crédit, le Dulce de Leche est diététique : vu qu'il est composé presque entièrement de sucres, on peut marquer « 0% de matières grasses » sans mentir. Autre avantage, le Dulce de Leche est indétectable par les tests anti-dopage classiques, comme l'a prouvé récemment l'équipe d'Argentine de rugby.
Les argentins, qui connaissent un gros problème de dépendance, le consomment sous des formes variées : en pot (à tartiner... ou pas), dans des pâtisseries comme les alfajores, dans les chocolats, les yaourts... Quand le moment sera venu, en cherchant dans les pharmacies je devrais trouver des perfusions.

Mais il ne faut pas réduire ce nectar à la toxicomanie qu'il entraîne. C'est avant tout le produit d'une culture, l'ancre identitaire d'un peuple fier et gastronome.

Dès l'époque précolombienne, le Dulce de Leche était au centre de cérémonies élaborées, mettant en scène le rapport entre le souverain et son peuple, le passage des saisons et les récoltes. Chaque année, le roi indigène paraissait devant ses sujets, le corps entièrement enduit de la précieuse pâte, pour symboliser la promesse d'abondance et de fécondité. Les rites d'ingestion qui suivaient sont décrits sur des céramiques très imagées (les ouvrages du Pr Wildschweinbürste font autorité sur le sujet). Nombreux furent les conquistadores qui se perdirent à la recherche de la cité mythique où le Dulce de Leche remplaçait à la fois l'eau et le pain : l'Eldulçado !
On dit que l'empereur inca Atahualpa paya sa rançon à Pizarro en remplissant une pièce de son palais jusqu'au plafond avec du Dulce de Leche. Malheureusement pour lui, cela ne suffit pas à satisfaire l'appétit dévorant de l'espagnol.
Auourd'hui on s'en sert pour les combats de catch : autres temps, autres moeurs.

Vous ai-je dit que ça avait bon goût ?

Allez, je vous quitte, c'est l'heure de ma dose.

C'est Noël, vamos a la playa !

Posté le 28.12.2007 par doorintosummer
Bien sûr, je ne suis pas le seul à y avoir pensé, et ça grouille de monde sur les quais de la station de bus. Et ils vont tous à la mer...
J'ai choisi d'aller à Villa Gesell, de taille plus humaine que Mar Del Plata (LA station balnéaire d'Argentine), mais pas aussi select que d'autres comme Pinamar. Les 6h de bus passent sans effort et nous y voilà.
Comme d'habitude, quand j'ai réservé par téléphone, il y a eu un passage rigolo au moment de donner mon nom. Je ne sais pas pourquoi, les gens d'ici ont du mal à le transcrire. A l'arrivée à la réception, je ramasse les copies: 7/10, pas si mal. La réceptionniste est fière de sa performance, je la félicite et lui décerne l'Ordre de Commandeur de la Dictée de Pivot. J'hésite à lui fourguer aussi le Golden Container, mais je décide finalement de le garder pour une meilleure occasion.

Le premier jour, il y a beaucoup de vent, le soleil joue à cache-cache ; le deuxième jour, rebelote. Du coup la baignade évoque un week-end en Bretagne (côte nord) au mois de mai, heureusement que la température de l'eau est meilleure. C'est au moment de sortir que le vent donne toute sa mesure. Je comprends mieux pourquoi il y a tand de monde qui se baigne. Combien de nageurs sont ainsi restés coincés dans l'eau pendant des jours, en attendant que le temps s'améliore ?

Heureusement, le matin du 25, la nappe de nuages part enfin vers le sud. Sous le soleil à la verticale, le vent est devenu agréable. Il produit aussi un grand nombre de rouleaux, dont certains mettent de bonnes claques. J'attrape même un coup de soleil, bref tout est rentré dans l'ordre !

Tous les gens à qui j'ai parlé étaient particulièrement agréables, dans un pays qui se classe déjà bien dans l'échelle universelle de sympathie. A chaque occasion de discuter, même infime et routinière comme pour commander un licuado, demander mon chemin, il y a un petit plus humain assez chaleureux. Certains de ceux à qui j'ai demandé mon chemin, d'ailleurs, m'ont emmené en voiture.


Noël dans le sud

Posté le 28.12.2007 par doorintosummer
Image : prototype B-56 du projet Noël. (source : contre-espionnage norvégien).


Il paraît qu'il y a eu un sondage récemment, et qu'une majorité d'Argentins préféreraient abandonner le décorum scandinave de noël : Les sapins enneigés en plein été, c'est pas très convainquant. Le problème, bien sûr, ça sera de savoir par quoi remplacer les rennes, le traîneau et le barbu, et là le pire est à craindre. Un surfeur bodybuildé au volant d'un pickup rouge et blanc, débordant de cadeaux ? Une bimbo avec un caddie ? Un lapin, comme Nesquick ? Et comment faire pour établir la nouvelle fiction que l'on racontera aux enfants avec sérieux ? On imagine le fossé générationnel qui séparera ceux d' « avant » et ceux d' « après ». Une vraie bombe à retardement.

Autre sujet de fond : Il y a une profusion de boutiques qui vendent des alfajores artisanaux, chose que j'ai déjà remarquée à Puerto Madryn et qui est généralement associée à la Patagonie. Cela mérite une explication.
En gros, l'Alfajor est constitué de deux biscuits ronds, plutôt moelleux, entre lesquels on a intercalé une pâte sucrée : Dulce de Leche, ou des produits moins nobles à base de framboise, mure, coing... Le tout est enrobé de chocolat ou de poudre de meringue, selon les versions. On en trouve sur tous les étalages de sucreries, sous emballage brillant, mais bien sûr les vrais connaisseurs vont les chercher chez un artisan de bord de mer, à au minimum 6h de bus de Buenos Aires.


la routine a buenos aires

Posté le 03.01.2008 par doorintosummer
eh ben heureusement que vincent etait la hier soir pour me ramener a la maison: j'etais tellement cramé que j'arrivais même plus a passer la porte du bar. c'est ca aussi le probleme avec le malbec: apres la 4e bouteille, tu distingues plus la gauche de la droite (et meme pour le haut et le bas c'est pas toujours evident non plus, si tu les bois cul sec)(c'est meilleur cul sec). enfin remarque vu la tete que faisais le videur apres que je me sois battu avec le serveur (mais c'est lui qui avais commencé) et que j'ai cassé la pompe a biere (pas expres), je crois que je me serais retrouvé sur le trottoir d'une façon ou d'une autre (ou alors au commissariat, comme avant hier)
bref tout se passe bien ici a part que j'ai plus de sous et si quelqu'un pouvait m'en envoyer ca depannerait pas mal

Quelques leçons du nouvel an

Posté le 13.01.2008 par doorintosummer
Photo : de gauche à droite, Vadim, votre serviteur, et Laurent.

Le 28 décembre, 4 gars venus de l'hémisphère Nord sont arrivés dans mon appartement, semant le chaos, la désolation et la rigolade. Les quatre cavaliers de l'apocalypse avaient pour noms Laurent, Pierre, Vadim et Vincent. Après un peu de tourisme en ville, la fête pouvait commencer...

- Une nouvelle loi sur l'heure d'été a pris effet le 31 décembre. Pour des gens difficiles à lever, ça peut jouer des tours : à 16h, on se rend compte qu'il est 17h, tout est en train de fermer, et la course contre la montre démarre pour préparer le réveillon.

- Les détonations qui retentissent dans toute la ville ne sont pas celles d'un coup d'état. C'est juste que les gens aiment beaucoup les feux d'artifice.

- Sortir de boite à 6h00, c'est limite petit joueur par ici.

- Le premier janvier ? Quel premier janvier ? L'année a commencé le 2...

Changement de saison

Posté le 13.01.2008 par doorintosummer
Photo : de gauche à droite, Pierre, Laura, Cécile, Vincent, Fred

Laurent et Vadim sont repartis, Fred est arrivé, et nous sommes allés dans le sud voir s'il y fait plus frais qu'à Buenos Aires, où on crève de chaud. Nous n'avons pas été déçus ! Ce voyage a été une petite bulle d'hiver à l'intérieur de l'été austral, qui est lui-même comme une bulle d'été dans l'hiver d'où viennent mes invités...

Contre toute attente, notre destination n'a pas été choisie au hasard. Nous sommes allés à l'estancia Menelik, près du parc Perito Moreno, internationalement connue pour être la résidence d'hiver de Cécile Domens, que nous n'avions pas vue depuis des années. Elle s'y rend régulièrement avec sa fille Laura pour retrouver son compagnon gaucho, Manuel. C'étaient nos vacances people !

La Patagonie détonne un peu, sur une planète qu'on s'évertue à transformer en parc d'attractions sinistré : il y a de la place, beaucoup de place, pas d'immeubles qui bouchent la vue, et la nature ne fait pas de cadeaux. On en a bien profité : balades à pied, à cheval, observation de condors, de nandous, d'autres animaux aux noms imprononçables, etc. Il nous a neigé plusieurs fois dessus, on a brûlé au soleil et on s'est desséchés dans le vent.

On a aussi rencontré toutes sortes de patagons, et fait risette à Laura qui est déjà sympa comme sa maman.

C'était le pied.


A cheval

Posté le 13.01.2008 par doorintosummer
Photo : Cécile, un cheval, et le vent
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